Historique

La géostatistique, initiée par Georges Matheron au Bureau minier de l'Algérie puis au BRGM et au CEA, a pris son essor avec la création du Centre de géostatistique et de morphologie mathématique à l'École des Mines de Paris en 1967. Son fort développement a conduit à le scinder en deux entités, le Centre de Géostatistique et le Centre de Morphologie Mathématique.

Dès le départ il s'agissait de développer les éléments théoriques et méthodologiques permettant de répondre à des besoins de l'industrie. Si initialement les applications concernaient exclusivement la mine, elles se sont rapidement élargies au pétrole et à d'autres domaines comme la météorologie, la cartographie marine, l'halieutique, la pollution de l'air, de l'eau et des sols, etc.

Du point de vue théorique, dans un premier temps, en gros jusqu'en 1985, la géostatistique s'est intéressée principalement aux fonctions aléatoires gaussiennes (ou aux méthodes linéaires, qui se placent dans un cadre beaucoup plus large, mais dont on sait qu'elles ont de bonnes propriétés dans le cas gaussien). Les travaux se sont orientés ensuite vers les fonctions aléatoires non gaussiennes, notamment pour la simulation conditionnelle d'ensembles aléatoires, pour représenter par exemple des faciès lithologiques.

Depuis une dizaine d'années, les travaux concernent principalement le couplage avec d'autres approches ainsi que l'application à des domaines nouveaux :

  • géostatistique et assimilation de données ;

  • intégration de simulateurs numériques dans l'étude de l'exposition au bruit ou aux ondes radioélectriques ;

  • application aux sols pollués, à la qualité de l'air, à la qualité de l'eau (avec la définition de fonctions aléatoires sur un réseau hydrographique) ;

  • modèles génétiques stochastiques ;

  • valeurs extrêmes en contexte spatial.